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 Haute-Garonne - Pourquoi les pompiers ont le blues

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MARSOUIN 26
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MessageSujet: Haute-Garonne - Pourquoi les pompiers ont le blues   Dim 6 Sep 2015 - 10:46

Les pompiers toulousains ont mal à la tête. Entre agressions et difficultés quotidiennes, beaucoup prennent des arrêts maladie. Décryptage d'un malaise.

Quel rapport entre une heure d'attente aux urgences de l'hôpital Purpan et un fou furieux, ivre, qui veut «planter» un pompier ? Quel lien entre des policiers pressés de sauter à l'eau pour jouer les héros et des patrouilles de police qui traînent pour prendre en charge des personnes en état d'ivresse ? Quelle problématique s'inscrit dans la convention, bien longue à rédiger, qui lie Samu et pompiers mais oublie les ambulanciers privés et dont le volet financier n'a toujours pas été signé ?

Ces interrogations nourrissent le blues des pompiers. Notamment à la caserne Vion qui n'a jamais été considérée comme un centre de secours «tranquille» et qui constitue l'épicentre des soucis actuels. Il faut ajouter des revendications sur le temps de travail, une hiérarchie qui pense davantage profil de carrière que résolution des difficultés du terrain ou, plus anecdotique, mais illustration supplémentaire du malaise, 80 000 € détournés dans la caisse de l'amicale de Vion. Deux ans après, et malgré une enquête judiciaire, il n'y a toujours pas de suspension, voire même de mutation des deux suspects.

«La cocotte-minute de Vion a fini par exploser et tout se mélange, difficultés du quotidien comme condition de travail. Ce n'est pas la même chose mais il faut trouver des solutions», prévient un observateur.

Fin août, les effectifs de garde ont fondu comme neige au soleil et la colère s'est exprimée. «Tout le monde se précipite. Il était temps», admet un ancien, pas fâché «qu'enfin», le pouvoir politique prenne la main sur le dossier.

Nouvelle présidente du service départemental d'incendie et de secours, la conseillère départementale Emilienne Poumirol n'a en réalité pas attendu «le clash» pour se renseigner et, écouter. Elle poursuit ses consultations depuis mercredi. Après le comité d'hygiène et de sécurité, elle a discuté vendredi à bâtons rompus avec la base à Vion. «On a tout dit, témoigne un participant. Elle nous a écoutés et elle nous a affirmés sa volonté de parvenir à de vraies évolutions.»

Les pompiers veulent y croire. Notamment sur les cas pratiques qui ne paraissent pas insurmontables : accueil aux urgences de Purpan «pour gagner du temps et éviter les blocages» ou l'intervention des ambulances privées pour soulager le quotidien. Des solutions existent «mais ça va coûter de l'argent», prévient un observateur. Quand à la haute hiérarchie du SDIS (Service départemental d'incendie et de secours), ses méthodes provoquent bien des aigreurs. Là aussi, l'évolution s'annonce inévitable.

Quelle organisation demain ?

La densification de la Haute-Garonne et de l'agglomération toulousaine pose des difficultés aux pompiers. Est-il normal d'attendre 30 minutes une ambulance parce que vous vivez entre deux centres de secours, ceux de Ramonville et Villefranche-de-Lauragais ? Comment fonctionner avec des centres de secours qui s'appuient uniquement sur des volontaires qui assument déjà 1 000 interventions annuelles comme à Grenade, Cadours ou Saint-Jory ? Comment réduire les temps d'intervention dans Toulouse avec un centre de secours installé à Rouffiac ? «Une caserne qui sera bien placée dans 20 ans», lâche un officier. La création d'un nouveau centre de secours au nord de Toulouse «est imparable». Un terrain est préempté depuis longtemps par la municipalité toulousaine mais la décision du SDIS tarde.

Le renfort des pompiers ne passera pas forcément par de nouveaux effectifs — «Les collectivités n'ont plus d'argent», rappelle un observateur — mais sans doute par des aménagements de travail «moins confortables» pour les soldats du feu «qui quoi qu'ils en disent ou en pensent n'ont pas à se plaindre à Toulouse», lâche un officier. Et Il faudra aussi de nouveaux centres de secours. Sans tarder.

«Trop souvent la peur au ventre»

Vingt-trois années sous le casque de pompier dont une majorité à Toulouse. Ses dernières années, ce professionnel «qui rêvait de devenir pompier dès l'âge de 14 ans» les a vécues au centre de secours de Vion situé dans le centre de Toulouse. Là où les interventions s'additionnent comme les arrêts maladie. «Les agressions successives de ces dernières semaines, quatre depuis le mois de mai, constituent les gouttes d'eau de trop», estime ce père de famille. Ces incidents ont fait éclater la marmite. «Trop, c'est trop. Beaucoup de sapeurs ne vous le diront pas mais c'est une réalité : nous partons en intervention la peur au ventre. À Vion, nous sommes premiers intervenants sur tous les quartiers sensibles de Toulouse : Empalot, Reynerie, Bellefontaine, Bagatelle, Ginestous… À tout moment, cela peut déraper».

«Les catins de la République»

Insultes, crachats, cailloux, menaces multiples… Depuis «cinq-six ans, la situation se dégrade». «Nous constituons le tampon qui se heurte en direct avec la détresse de notre société. Notre mission, normalement c'est l'urgence. Aujourd'hui, faute de moyens, d'ambulance privée, on sort pour les gens ivres, pour les personnes âgées qui ont fait un malaise à domicile. On s'épuise. Quand vous intervenez dix ou douze fois dans la journée, vous perdez une partie de votre lucidité. Vous avez besoin de la police, elle n'est pas là. Pas de moyens. Nous sommes en train de devenir les catins de la République. Cette réalité, je la refuse, nous la refusons.»

Le constat est amer. Et la distance entre pompiers «en camion» et officiers «de bureau» se creuse. «Un gouffre nous sépare, regrette notre professionnel. Ce ne sont plus des pompiers mais des chefs d'entreprise. Ils dirigent sans connaître la réalité du terrain, ni la réalité humaine, un œil sur l'ordinateur, un autre sur les budgets. Les arrêts maladie de ces dernières semaines ne traduisent rien d'autre. Quand nous sommes confrontés à des violences, trop souvent, notre hiérarchie banalise. J'ignore si ce n'est pas peur de déplaire en haut lieu ou par je-m'en-foutisme. Pour nous qui repartons sur le terrain, cela ne change rien. C'est juste désolant.»

http://www.ladepeche.fr/article/2015/09/06/2171377-pourquoi-les-pompiers-ont-le-blues.html
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Le Crotale
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MessageSujet: Re: Haute-Garonne - Pourquoi les pompiers ont le blues   Dim 6 Sep 2015 - 11:21

...le fameux "vivre ensemble" dont on nous rabat les oreilles, je suppose !
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