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Créé le 1er avril 2007
 
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 La réserve militaire – armée à temps partiel?

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MARSOUIN 26
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MessageSujet: La réserve militaire – armée à temps partiel?   Lun 29 Avr 2013 - 15:31

Du 13 au 19 avril, 47 jeunes ont participé à une Préparation Militaire Gendarmerie (PMG) à Rochefort (Poitou-Charentes) au terme de laquelle ils sont habilités à signer un Engagement à Servir dans la Réserve de la gendarmerie. Ils feront alors partie des quelques 50 000 réservistes que compte les forces armées françaises.

Stage de Préparation Militaire Gendarmerie à Rochefort (écoute moi pendant le diaporama!)

« Un, deux ! Un, deux !... », le major Denis scande le pas. Les jeunes recrues, debout depuis 6h du matin, ont la mine tendue par l’effort et la fatigue, et le pas lourd du débutant. Cela ne fait après tout que 6 jours qu’ils ont endossé la tenue et la discipline militaires. Cette semaine là, la caserne de gendarmerie de Rochefort (Poitou-Charentes) accueille 47 jeunes qui suivent une Préparation Militaire Gendarmerie (PMG) au terme de laquelle ils pourront s’engager dans la réserve de la gendarmerie.

La gendarmerie, comme toutes les forces armées françaises, possède en effet une réserve militaire destinée à « renforcer les capacités des forces armées, entretenir l’esprit de défense et contribuer au maintien du lien entre la nation et les forces armées » (Code de la défense, réformée par les lois de 1999 et 2006).

Une idée affichée : associer davantage les civils à la défense de leur pays et diversifier les compétences de l’armée. En réalité c’est sur fond de réduction du budget de la défense que cette réserve militaire a pris de l’ampleur. Elle apparaît comme un véritable vivier pour l’armée qui peut faire appel à cette force de manière ultra flexible (certains programmes, comme le dispositif "Guépard", demandent au réserviste de se rendre disponible sous 48h).

La réserve, ou la flexibilisation de l'armée

En effet le Livre blanc de la défense qui sort ce lundi 29 avril, et donne les grandes orientations de la défense pour les années à venir, prévoit un budget amoindri et la poursuite de la réduction des effectifs militaires. 20.000 postes supplémentaires devraient ainsi être supprimés d’ici à 2019.

Lire : Livre blanc de la défense : l'armée française appelée à se serrer la ceinture

Pourtant, et la récente intervention au Mali a pu le prouver, les forces armées françaises ne sont pas encore tout à fait superflues. La question sera donc de savoir, ici aussi comme ailleurs, comment continuer à faire autant, voire plus, avec moins.

Dans ce contexte, la réserve militaire, qui n’est autre qu’une sorte d’armée à temps partiel, pourrait représenter une alternative alléchante avec en fond le risque d’une armée à deux vitesses et d’une précarisation du métier.
Le Livre blanc fixe en effet un objectif à atteindre de 80.000 réservistes d’ici 2015, contre les 57.000 réservistes que l’on compte aujourd’hui. Le nombre de jours moyens travaillés devrait également passer de 20 aujourd’hui à 25 jours par an en 2015.

Vers une armée à double vitesse ?

La réserve se décompose entre la réserve opérationnelle, formées de citoyens qui choisissent d’endosser l’uniforme militaire quelques jours par an et payés au taux journalier de leur grade, et la réserve citoyenne, un peu plus de 2000 personnes qui fonctionnent un peu comme des consultants pour l'armée en apportant leur expertise.

Les réservistes peuvent être mobilisés pour des opérations de sécurité (pratiquement 2/3 des militaires de Vigipirates sont des réservistes) mais également dans le cadre d’opérations extérieures telle que l’intervention au Mali, où plusieurs réservistes ont été mobilisés en back office pour le suivi des opérations.

Seul hic – la formation ultra rapide. Les réservistes gendarmes par exemple auront appris en 15 jours de stage ce que les gendarmes de l’active auront appris en un an et les gendarmes adjoints volontaires en 3 mois. Pourtant une fois en service, ils revêtent le même uniforme et portent la même arme.

La réserve opérationnelle est formée à 30% de militaires retraités, à 30% de citoyens ayant réalisé leur service militaire à l’époque où celui ci était obligatoire, et à 30% de civils n’ayant jamais servi. C’est cette dernière catégorie que le ministère souhaite voir grandir. « C’est une manière pour nous de recréer du lien entre la société civile et son armée. D'ici une vingtaine d’années aucun citoyen de moins de 50 ans n'aura effectué de service militaire et une société qui ne connaît pas l’armée, c’est une société qui ne comprend pas l’essence de la défense et n’en défendra pas les intérêts » explique le contre-amiral Antoine de Roquefeuil, secrétaire général du conseil national supérieur de la réserve militaire (CNSRM), interrogé par Le Monde. A charge donc, pour les jeunes réservistes, de se faire également les ambassadeurs d’une armée dont l’image s’étiole au fil des années.

Le budget stagnant de la réserve

Le contre-amiral de Roquefeuil exprime pourtant ses craintes : « Le budget manque, ici aussi on nous demande de faire plus avec moins, notre budget est passé de 78 millions en 2011 à 71 millions en 2012. Et cela ne couvre que les frais de rémunération des réservistes. Je vois mal comment nous pourrions alors envisager d’atteindre l’objectif fixé. C’est simple, pour l’atteindre il nous faudrait 150 millions d’euro, soit le double de notre budget actuel»

D’autant que le turn over est important chez les jeunes réservistes, 15.000 départs à peu près par an. Car une fois les études terminées, difficile de réussir à concilier vie professionnelle et obligation de réserve, surtout dans un contexte économique tendu où le rapport de force est rarement en faveur du jeune salarié.

Pour l’instant le métier de réserviste continue tout de même d’attirer, mais pas seulement pour la beauté du geste. Le niveau relativement bas du solde est compensé par un avantage fiscal notable : il n’est pas imposable. Mais le contre-amiral Antoine de Roquefeuil a également des craintes de ce côté là « cette niche fiscale est dans le collimateur de Bercy ». La question du bénévolat qui a récemment été évoquée a donc logiquement été rapidement rejetée par le ministère de la défense.

C’est dans ce contexte que la caserne de Rochefort recevait la semaine dernière une cinquantaine de jeunes entre 17 et 30 ans qui souhaitent entrer dans la réserve de la gendarmerie.
« Dubois ! », « Mariton ! », « Neveu ! » les stagiaires qui ont vite intégré la discipline militaire, s’interpellent par leurs nom de famille. Manière aussi de ne pas différencier les sexes. Car une des premières choses qui interloque lorsqu’on arrive dans le stage de PMG de Rochefort c’est le nombre de filles. Elles écrasent même les hommes par leur majorité (contre 18% dans l’ensemble des réserves). Mais si elles n’ont droit à aucun traitement privilégié, pompes et abdos de mise, les remarques sexistes, elles, vont bon train. Le Général Danede qui les honore de sa visite, et dont l’autorité semble lui conférer sinon un assentiment généralisé au moins un silence contrit, aligne les remarques machistes auprès des jeunes élèves. Etre une fille chez les gendarmes, même chez les réservistes, ne donne décidément aucun avantage.

En cours d’intervention professionnelle, euphémisme presque médical pour dire cours de combat à mains nues, l’une d’elles s’est effondrée en larmes. Le moniteur – un gendarme de l’active – a reporté l’incident à la directrice de stage le Capitaine Sacre qui l’a de suite convoquée dans son bureau pour des explications.

Pas le droit à l’erreur, sur les 57 élèves du début de stage, 10 sont partis, soit parce qu’ils ont commis une « faute grave de sécurité » (notamment lors des cours de tirs au 9mm) ou parce qu’ils ont eux mêmes jugés rapidement que ce n’était pas pour eux.

Car si le Général Danede pousse, injonctions du ministère obligent, au recrutement, les formateurs du stage eux se sentent une lourde responsabilité de donner le feu vert à la mobilisation de jeunes pas toujours surs d’eux, « surtout dans le contexte actuel, tout dérape plus vite, la violence est beaucoup plus palpable qu’avant », confie le Capitaine Sacre. Finalement, sur les 8 qui n’ont pas la moyenne, 8 n’auront pas leur brevet. Est-ce que la présence d’un journaliste les a rendu plus zélés et auraient ils été plus cléments dans un autre contexte ?
Il est permis d’en douter quand on sait que cette année, faute de moyens, ils n’ont pu recruter que 39 réservistes dans la région contre une centaine l’an passé, et ce, malgré des besoins accrus…

Louise Lavabre

http://louiselavabre.blog.lemonde.fr/2013/04/29/la-reserve-militaire-armee-a-temps-partiel/
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