Gendarmes Et Citoyens

Créé le 1er avril 2007
 
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 Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!

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MARSOUIN 26
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MessageSujet: Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!   Jeu 4 Avr 2013 - 12:12

Un capitaine de police a mis fin ce matin à ses jours dans son bureau, à Paris dans le VIIe arrondissement, le troisième suicide de policiers en trois jours, a-t-on appris de source policière. Le capitaine, récemment affecté à la direction de sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) et en poste dans cet arrondissement de la capitale, a retourné son arme de service contre lui, selon les premiers éléments de l'enquête, se blessant mortellement au ventre. On ignorait peu avant 10 heures les raisons de son geste.

En l'espace de trois jours, c'est le troisième suicide de policier. A Denain (Nord) mardi, un policier d'une trentaine d'années s'est suicidé avec son arme de service dans les toilettes du commissariat. Le même jour, un haut fonctionnaire de la police judiciaire parisienne, le contrôleur général Noël Robin, a également mis fin à ses jours à Saint Germain-Laxis (Seine-et-Marne).

Les suicides sont un problème récurrent dans la police et leur taux est un peu plus élevé que celui de la moyenne de la fonction publique et que la moyenne nationale, selon les études réalisées à ce sujet. Après un pic en 1996 de 71 suicides de policiers, leur nombre est depuis estimé à une cinquantaine par an. Ils sont pris très au sérieux par l'administration policière et le ministère de l'Intérieur.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/04/97001-20130404FILWWW00415-3e-suicide-d-un-policier-en-trois-jours.php

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/un-capitaine-de-police-parisien-se-suicide-dans-son-bureau_1237306.html

Condoléances à sa famille et à ses proches ! Dure loi des séries !!!
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AK47
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MessageSujet: Re: Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!   Jeu 4 Avr 2013 - 14:52

Telllement au sérieux que ça continue de plus belle... No comment.
Et chez nous au fait?
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L'idiot utile
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MessageSujet: Re: Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!   Jeu 4 Avr 2013 - 17:18

Pris au sérieux? PRIS AU SERIEUX???

ON SE FOUT DE QUI, LA???

Si c'était tellement pris au sérieux, on serait pas montrer du doigt en revenant d'un rendez-vous chez un psy!

Si c'était pris au sérieux, on ne laisserai pas de "petites mesquineries" prendre place dans les brigades et les commissariats!

On soutiendrait l'HOMME au lieu de vouloir sauver la MACHINE (celle qui mets les PV et sort les stats, en l'occurence!)

Condoléances une nouvelle fois à la famille et aux proches de celui qui nous a quitté, que ton nom ne soit pas qu'une nouvelle "bûchette" sur un tableau de statistique!
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Komugi chan
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MessageSujet: Re: Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!   Jeu 4 Avr 2013 - 23:27

Condoléances à sa famille, ses proches et ses collègues.

Marsouin, plutôt que de parler de loi des séries, je parlerais plutôt de loi de cause à effet.
Généraliser une organisation du travail qui déstabilise sciemment les agents est une entreprise criminelle. Et les envoyer chez un psy pour seul remède repose sur le postulat que leur déstabilisation mentale serait d'origine endogène, inhérente à eux-mêmes, alors qu'elle est en réalité la conséquence de l’idéologie qui structure cette organisation du travail et son objectif visé et silencieux.
Si on veut que ces suicides diminuent, il faut s'attaquer à la cause elle-même, à savoir revenir à une organisation du travail basée sur les fonctions réelles de ce travail au niveau humain, et sur les capacités des agents à les remplir, en leur donnant les moyens de le faire correctement.

Aujourd'hui, l'organisation du travail repose sur les seuls résultats financiers, qui sont déconnectés des fonctions d'origine du travail. Elle a érigé en valeurs absolues des critères abstraits dépourvus d’existence réelle (performance, excellence, productivité, les stats, etc.), considérées comme supérieures à ces fonctions et à la valeur humaine, et utilisées à des fins d’asservissement. Au bout du compte, elle se révèle préjudiciable aux gens qui effectuent le travail, aux fonctions de celui-ci et à l'ensemble des citoyens et du pays tout entier.


La gestion publique des ressources humaines dans ce pays a été élaborée à partir de pseudo-sciences basées sur des méthodes de manipulation mentale : PNL (programmation neuro-linguistique), ennéagramme, scientologie, et toute la ribambelle d’escroqueries intellectuelles en vogue dans le management qui font la fortune des centres de formation et du coaching depuis une trentaine d’années.

J’ai servi de cobaye à la fin des années soixante-dix avec les formations en analyse transactionnelle dans la santé publique : les résultats se sont révélés désastreux au niveau humain sur trois promotions ayant suivi une formation longue: des gens qui n’étaient pas du tout informés au départ du contenu de la “formation”, dont tous les repères volaient en éclat, une augmentation en flèche des divorces, des gens qui plaquaient du jour au lendemain famille, boulot, maison pour devenir formateurs, et pour couronner le tout une bouffée délirante chez un gars qui n’est jamais redescendu et qui s’est suicidé quelques années plus tard. J’ignore quels résultats ont été obtenus dans les autres hôpitaux (les formations avaient lieu dans l’enceinte des établissements); tout ce que je sais, c’est que quelques années plus tard, le centre de formation a changé d’adresse, et que tous les documents relatifs aux formations précédentes ont été détruits.

Il est inadmissible que l’argent public de ce pays soit utilisé à des fins de manipulation mentale dans le monde du travail et détourné vers des organisations de nature sectaires impliquées dans l’institutionnalisation de l’escroquerie, la déstabilisation et le pillage du pays.

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gib
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MessageSujet: Re: Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!   Ven 5 Avr 2013 - 0:37

A la banque postale 70 suicides environ en deux ans ,un record prouvé : les suicidés connaissaient des problèmes au travail avec aucun dialogue ni solution, ils ont tous laissé une lettre explicative a leurs gestes , les postiers ont battu le record , avec des défenestrations ,immolation ,pendaison sur les lieux du travail ,ingestion de produits toxiques, [b]se jeter sous le tgv etc Ils avaient en moyenne la cinquantaine ;beaucoup ont très mal vécu les bouleversement de la boîte ,il y a eu une trentaine de suicide a Orange aussi ces deux boîtes ont généralisé le culte de la performance une fois les statuts changés ,un vrai carnage ...
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rouletabille82
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MessageSujet: Re: Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!   Ven 5 Avr 2013 - 6:34

Komugi chan, la cause des suicides de personnels de certaine administration, serait-elle d'origine humaine et une conséquence à un nouveau management ?

Vu ton article/analyse (très détaillé au demeurant), suite au post faisant état du CRS Cuenca après son éviction de la Police, nous pourrions le penser, vu que même un sénateur reconnait que l'on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeuf.

Je pense que si certain qui ont un pouvoir, poursuivent dans cette voie, nous allons laisser aux membres de la famille et aux proches des prochains, pas mal de condoléances, car la liste risque encore de s'allonger.

Il y aura toujours des personnels qui subirons, sous le pouvoir d'autres qui ferons subir...

Es-ce cela le nouveau monde, que l'on nous prône depuis 2008 ?
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MessageSujet: Re: Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!   Ven 5 Avr 2013 - 9:11

En fait Rouletabille, c'est le monde du capitalismedébridé qu'on vend depuis les années 80 (ceui dans lequel j'ai grandi...)

Un monde où on a vendu à tous la réussite à tout prix, à travers le prisme de la possession en tant que fin en soi...

La différence? Depuis fin 90-début 2000, je vois une accélération de cette mentalité, une aggravation... Peu importe le moyen, seule compte le résultat: plus, toujours plus, jusqu'à étouffement.

L'humain à été "déshumanisé", l'homme n'est plus dans cette vision du monde qu'une statistique de plus, une variable à gérer. La crise financière mondiale et l'incertitude sur l'avenir (le sien, celui de ses gosses...) font le jeu de ce monde, qui peut mettre encore davantage de pression pour obtenir ces résutats (l'éternel " il y en a 1000 qui attendent ta place!").

Le monde du travail montre juste qu'il a poussé plus loin, plus fort, sa politique du chiffre d'affaire, du bénéfice à tout crin...

C'est valable dans le privé, mais aussi dans le public! Un élève en école, l'école elle même ne doit plus être formatrice, elle doit être rentable!
L'hôpital ne doit plus seuleument soigner, il doit diminuer le coût des soins!
Les FDO ne doivent plus seuleument assurer la paix, la sécurité et la salubrité publique, elle doit être rentable!

Alors, ce service à vocation publique qu'est la Police, la Gendarmerie,l'Ecole, l'Hôpital... se retrouve gérer comme une multinationale à but lucratif, ce qui n'est ni sa mission, ni son objectif!

Et des gens qui sont entrer dans le public pour le job d'assistance aux citoyens, de préservation d'un service pour les autres et qui supportent de moins en moins la pression de plus en plus grande qu'on leur fait subir se suicident, font des dépressions, tombent dans l'alcool, les anti-dépresseurs...

Bilan: des milliers de familles touchées, brisées par la dépression d'un des siens ou sa mort...

Mais ce système va perdurer, tant on fait croire aux gens, aux citoyens que CE sytème est indispensable, est le seul qui vaille, que cette économie est la seule possible... Aussi longtemps que le citoyen continuera de croire que ce système doit survivre, nous continuerons à voir des collègues, des camarades, prendre la décision d'en finir, nous continuerons à voir des hommes, des femmes, des enfants pleurer leurs morts... pour un système!

Amer bilan, triste constat, mais triste réalité de notre quotidien... d'une "modernité" où on nous vends toujours l'accumulation de richesse, la possession de bien comme le symbole suprême de la réussite.


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gib
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MessageSujet: Re: Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!   Ven 5 Avr 2013 - 11:45

Je vois qu' aussi a force de vouloir assister ailleurs qu' en France et de vouloir s' occuper de toute la misère du monde et de nous rabacher que c'est à cause de nous si nos anciennes colonies sont dans la merde ,nous rendre coupable de problèmes dont nous n' avons rien à y faire et bien on a enlever le goût de vivre aux français d' abord oui on les oublis , on leur a enlevé l' espoir tout simplement d' un avenir meilleur ,quand on va à l' étranger ,ils ne parlent à la tv que de leurs problèmes et non ceux d' ailleurs ou 2 secondes pas plus par exemple, alors que chez nous très souvent on a cette impression que l' afghanistan , la palestine ou la tunisie etc sont des départements Français ,qu' on fasse d' abord le ménage chez et soignons nos plaies avant d' aller regarder celles des autres qui de toute façon n' ont aucune reconnaissances ,je dirais mieux qu' ils ont de la reconnaissance qu' avec ceux qui les ont bastonnés ,et merde!!! les Français sont vraiment cocufiés par tous les gouvernements gauche ou droite rendeer
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Komugi chan
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MessageSujet: Re: Paris - 3e suicide d'un policier en trois jours !!!   Ven 5 Avr 2013 - 13:57

rouletabille82 a écrit:
Komugi chan, la cause des suicides de personnels de certaine administration, serait-elle d'origine humaine et une conséquence à un nouveau management ?

Vu ton article/analyse (très détaillé au demeurant), suite au post faisant état du CRS Cuenca après son éviction de la Police, nous pourrions le penser, vu que même un sénateur reconnait que l'on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeuf.

Je pense que si certain qui ont un pouvoir, poursuivent dans cette voie, nous allons laisser aux membres de la famille et aux proches des prochains, pas mal de condoléances, car la liste risque encore de s'allonger.

Il y aura toujours des personnels qui subiront, sous le pouvoir d'autres qui ferons subir...

Es-ce cela le nouveau monde, que l'on nous prône depuis 2008 ?


Bonjour Rouletabille,

Pour parler de ce que j'ai observé, ce qui est plus sur, le “nouveau” management a été en réalité mis en place petit à petit depuis les années quatre-vingt. J’ai vécu sur le terrain la transition quand elle a été brutalement mise en place. Mais à l’époque, je ne disposais pas des éléments permettant de comprendre cette transition, je ne pouvais que constater ses conséquences sur mon travail en psychiatrie, sur l’organisation de celui-ci, et les conséquences pour les patients. Ce n’est que récemment que j’ai fait le lien entre ce que j’observais et constatais, et les changements politiques qui en ont été à l’origine.

Au début des années quatre-vingt, il y avait déjà des diminutions d’effectifs. Mais il y a eu un ministre de la santé, Jack Ralite, qui a véritablement donné aux infirmiers les moyens d’influer sur leur travail: il a donné comme consigne aux directeurs d’hôpitaux de solliciter des projets thérapeutiques de la part des infirmiers, donnant le pouvoir de décision à la base, tout comme si le MININT disait :" Allez-y les gars, faites des projets pour assurer la sécurité sur le terrain là où vous êtes”. Là les directeurs (en tout cas celui de l’hôpital où je travaillais) ont tout fait pour appliquer ces directives. Cela a donné lieu a des expériences encadrées par les médecins, les équipes soignantes et le directeur, avec des résultats étonnants sur le plan thérapeutique. Et puis il y a eu des réactions négatives corporatistes : “Si vous continuez, vous allez guérir tout le monde, bientôt il n’y aura plus de patients à l’hôpital et nous n’aurons plus de boulot.” “Vous cautionnez les baisses d’effectifs en démontrant qu’on peut mieux faire qu’auparavantavec moins de personnel.”, etc. Ensuite Ralite, qui ne voulait pas cautionner le management de la santé prévu en haut lieu, et dont les orientations n’étaient pas compatibles avec ce futur management, a démissionné. Il a été remplacé par Michèle Barsach. Du jour au lendemain, les projets mis en place n’étaient plus d’actualité: “Vous remettez en question toute l’institution.” (c’était apparemment pas prévu que les malades aillent mieux). Les stats sont apparues: il fallait “augmenter la file active” (autrement dit que les stats témoignent d’une augmentation de l’activité), et les “restructurations” ont commencé, rendant impossible les expériences thérapeutiques entreprises. C’est dans ce contexte que j’ai été pour la première fois confrontée au harcèlement: déprogrammation au dernier moment des activités prévues avec les patients, changements de planning empêchant de dormir correctement (2 matins, 2 après-midi, 2 nuits et après les repos 2 matins etc.), effectifs minimums où on travaillait avec un surveillant syndicaliste qui bullait à longueur de temps, critiques systématiques, etc.) Ensuite sont apparus le écoles de cadres qui ont transformé les surveillants en administratifs libérés du contact direct avec les malades, le système d’”évaluations” basés non plus sur des critères thérapeutiques, mais de dominance, récompensant non plus l’efficacité des soins et le respect des patients, mais la soumission au nouveau management. Les médecins ont été privés de tout pouvoir de décision sur le contenu de leur travail, et sur les équipes avec lesquels ils travaillaient, les moments où le personnel se retrouvait pour discuter et prévoir ensemble le contenu de la journée ont été supprimés, etc.

Les conditions de travail sont devenues impossibles: à deux pour effectuer toutes les tâches dans un service de 20 lits + les hôpitaux de jours, à l’exception du ménage des parties communes réservées aux agents d’entretien, entre la patiente délirante qui se tranchait la gorge avec une scie à pain, l’autiste qui arrachait le bol de café des mains d’un autre patient, le papi qui faisait ses besoins dans le couloir, les familles à recevoir, le poivrot violent qui débarquait amené par la maréchaussée, etc., on n’avait pas une minute pour souffler. Un jour j’ai tenté de noter au fur et à mesure tout ce que je faisais: impossible: même pas le temps de les écrire sur le papier. Impossible de travailler sérieusement dans de telles conditions! Quand j’ai compris qu’ il y avait un malentendu et qu’on ne me demandait plus de réaliser le travail pour lequel j’avais été formé et que j’étais payée pour réaliser avec l’argent public, j’ai tiré ma révérence. 15 soignants sur un effectif d’une centaine d’infirmiers sont morts, la moitié par suicides, un fort pourcentage des autres par cancers.

C’est dans ce contexte que j’ai compris comment on pouvait passer de la démocratie à la dictature. Aujourd’hui la psychiatrie que j’ai connue a disparu, sauf dans quelques structures privées, comme la clinique de La Borde à la Cour Cheverny, créée par Jean Oury après la deuxième guerre mondiale, qui existe toujours. La formation d’infirmiers psy a été supprimée, les infirmiers formés ont été disqualifiés dans l’espace français (mais pas européen), ceux qui ne sont pas partis d’eux mêmes ont été virés au moyen de pratiques dignes de la scientologie (dénonciations calomnieuses, chantage à la retraite, etc.) et seule une petite minorité est arrivée à la retraite. Les récalcitrants empêchés de travailler, de gagner leur vie, dans quelque domaine que ce soit dans le pays.

A l’époque nous avons servi d’objets d’expérimentations à ce niveau, et petit à petit, ce management a été étendu aux autres domaines du travail et de l’emploi et généralisé. Ce que je lis sur ce forum depuis 2007 n’est que la triste reproduction du scénario que j’ai vécu en psy.

Alors oui, oui, oui, les suicides et les pathologies liées au stress sont une conséquence directe du management, ainsi que le délitement de la démocratie et des valeurs républicaines sur lesquelles repose la constitution, et l’effondrement de l’économie. Ces phénomènes sont liés, et pour les comprendre, il importe de considérer les relations qui les unissent. Ce qui se passe ici est un élément d’un ensemble plus vaste, et il me paraîtrait inadapté d’en rejeter la responsabilité sur nos seuls politiques. Je ne crois pas du tout que ceux-ci soient “tous pourris”, ayant eu la preuve qu’il existe des spécimens honnêtes qui font de leur mieux à leur niveau et n’hésitent pas à donner un coup de pied dans la fourmilière quand ils mettent le pied dessus.

Je crois qu’une bonne part de nos politiques ont été abusés, au même titre que nous l’avons été, parce qu’ils ont également été des objets d’expérimentations, et que nous nous tromperions de cibles en les vouant tous aux gémonies dans le climat actuel. L’évolution économique est mondiale, nos politiques n’en ont pas décidé individuellement en toute connaissance de cause, pas plus que les GD de base n’ont décidé des stats et de la politique du chiffre. Je n’absous pas tout le monde, mais je pense que la plupart n’ont pas eu le choix: ils ont été amenés au pouvoir et ceux qui ont tenté d’aller contre le mouvement ont été éjectés, de la même façon que les gens de la base peuvent l’être.

Je crois qu’il faut prendre garde actuellement aux groupes de pression impulsés et financés par nos “experts en management”, en réalité des organisations criminelles internationales impliquées dans la manipulation des esprits et la déstabilisation du pays qui visent à la prise du pouvoir politique. Là, citoyens et élus sont dans le même bain, et plutôt que de s’écharper, il serait stratégiquement plus adapté, dans l’intérêt national, de se tenir les coudes. Les élus sont NOS élus : à nous d’exiger d’eux qu’ils se conduisent comme les représentants du peuple, NOS représentants, et de la République.

Voir le texte ci-dessous publié aujourd’hui dans un article de Mediapart : http://blogs.mediapart.fr/blog/virgil-brill/040413/laffaire-cahuzac-comme-diversion

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Intervention de Jean-François Gayraud* devant la commission spéciale du parlement européen sur « la criminalité organisée, la corruption et le blanchiment de capitaux » (CRIM), le 19 juin 2012 à 11h001.

Sujet : Évaluation de l'étendue et de l'impact du crime organisé dans l'UE
L’Union européenne est confrontée à quatre défis criminels de niveau stratégique :

1° D’abord, l’UE doit faire face à l’action de grandes organisations criminelles transnationales, ou endogènes ou exogènes. Certaines représentent plus que des phénomènes de banditisme classique puisqu’il s’agit de mafias, au sens criminologique du terme, c’est-à-dire de véritables sociétés secrètes. Ce banditisme et ces mafias présentent quatre particularités :

-Première particularité : ces organisations criminelles sont poly criminelles, c’est-à-dire sans spécialités, donc aptes à s’investir de manière opportuniste et pragmatique dans tous les marchés criminels se présentant, et ce dans des logiques de pure prédation. Dès qu’une occasion se présente, ces groupes criminels sophistiqués les investissent, qu’il s’agisse d’activités traditionnelles ou de crimes économiques et financiers innovants. Une même entité criminelle peut tour à tour racketter, trafiquer des drogues, vendre des contrefaçons, ou truquer en ligne des paris sportifs. Les criminels n’ont pas de spécialité : ils passent d’une activité criminelle à l’autre par calcul coût/bénéfice. Notre attention doit donc se porter moins sur un type d’activité criminelle que sur les professionnels du crime eux-mêmes menant des carrières au sein de groupes plus ou moins structurés.

-Deuxième particularité : ces grandes organisations sont souvent territorialisées. Elles ont une capacité à s’enraciner et à créer un environnement qui leur devient vite favorable. Elles se créent des biotopes criminels. Ces logiques territoriales sont décisives car elles expliquent la puissance de ces groupes. Cependant ces territoires criminels ne sont pas figés mais en expansion. On sait comment dans une poussée géopolitique caractéristique les quatre mafias italiennes et les clans albanophones se sont répandus dans toute l’Europe en quelques décennies. Au final, des pans entiers du territoire européen sont profondément criminalisés et donc en voie d’effondrement ; quand ce ne sont pas directement des structures étatiques. Combien d’Etats mafieux ou criminels l’Europe géographique abrite t-elle ? Cet effondrement territorial est mal connu car silencieux.

- Troisième particularité : ces organisations sont particulièrement résilientes, c’est-à-dire d’une part adaptatives face aux changements sociaux économiques et d’autre part très résistantes à la répression. Les États parviennent souvent moins à les éradiquer qu’à les réguler.

- Enfin, quatrième particularité : ces organisations gèrent des flux financiers d’ampleur macro économique pouvant influencer en profondeur la vie politique, économique et sociale. Elles ont un PIB parfois supérieur à certains petits pays.

Ces quatre particularités expliquent pourquoi ces grandes organisations criminelles sont de véritables puissances globales. Le crime organisé ne peut plus être analysé en termes de marginalité sociale. Il s’agit d’un phénomène de pouvoir.

Il y a ainsi une véritable géographie criminelle de l’Europe. Cette cartographie est largement insoupçonnée et souligne par exemple la présence d’un arc mafieux en Méditerranée du Nord, dont les principaux acteurs criminels sont les mafias italiennes, albanophones et turques qui ont depuis longtemps débordé leurs bastions naturels et ont su s’imposer plus au Nord. A ce titre, il convient, pour l’avenir proche, d’observer l’évolution d’une zone grise, aux portes de l’Europe, génératrice de grands désordres criminels : la vaste bande sahélienne.
2° Deuxième défi, ensuite : l’UE doit faire face à des prédations financières d’ampleur macro économique. A ce titre, trois remarques s’imposent :

-Première remarque : les marchés financiers dérégulés de manière aveugle sont des proies faciles pour les appétits criminels. On citera pour mémoire un exemple récent : la gigantesque fraude à la taxe carbone dont le préjudice pour le seul budget de l’Etat français s’est élevé à 1,5 milliards d’euros et pour l’Europe à environ 5 à 6 milliards d’euros.

-Deuxième remarque : la lutte contre le blanchiment de l’argent du crime organisé et de la corruption est un échec complet. Il faut ici souligner le rôle pernicieux joué par les paradis fiscaux et bancaires (très présents en Europe) et par la banalisation des instruments juridico financiers destinés à rendre anonyme l’origine des flux financiers (trusts, fiduciaires, etc.).

-Troisième remarque, enfin : certains acteurs des marchés financiers et bancaires sont aussi parfois des prédateurs. Les méga escroqueries sur les marchés initiées par des « criminels en cols blancs » se multiplient. Par ailleurs, la plupart des grandes crises financières des 30 dernières années sont le fruit de politiques de dérégulation qui furent criminogènes. La bulle immobilière américaine dite des subprimes comportait une dimension majeure de fraudes dont l’essentiel fut initié là aussi par des banquiers et des financiers, d’ailleurs à ce jour impunis.

3° Troisième défi : l’UE est confrontée à un cyber espace en grande parti anomique. Ce cyber espace est un territoire très vulnérable aux entités criminelles et ce en raison de ses particularités : il est transnational, fluide, furtif et opaque. Toutes les grandes infractions qui se commettaient hier encore dans le monde réel se déplacent ainsi, en tout ou partie, dans cet espace virtuel sans régulation crédible. Un exemple : l’économie du sport se financiarise à grande vitesse du fait du développement des paris sportifs en ligne ; or ces paris font l’objet d’un trucage de grande ampleur par le crime organisé à travers des sites de paris plus ou moins légaux disséminés un peu partout sur la planète.

4° Enfin, quatrième défi : l’UE doit faire face aux conséquences de la crise financière née de l’éclatement de la bulle immobilière américaine. Cette crise aux effets durables représente un effet d’aubaine de portée historique pour le crime organisé. Il y a deux raisons à cet effet d’aubaine. D’abord, les Etats exsangues sont tentés de réduire les budgets consacrés à la lutte contre les criminalités organisée et en col blanc : moins de policiers, de douaniers, de juges, etc. Par ailleurs, les entreprises industrielles et financières, quelle que soit leur taille, ne peuvent plus accéder aisément au crédit bancaire légal car les banques, en défaut de liquidités ou de solvabilité, prêtent moins. Ces entreprises industrielles ou financières, surtout les plus petites, vont donc naturellement se financer vers le shadow banking du crime organisé. De manière permanente, le monde criminel dispose en effet de masses d’argent aptes à se blanchir immédiatement. Le crime organisé accélère ainsi sa pénétration de l’économie légale.

Les conséquences de ces phénomènes criminels sont souvent invisibles mais profondes et durables. Soulignons ici la grande différence avec les actes criminels qualifiés de terrorisme. Le terrorisme est visible mais d’une létalité relativement faible, là où le crime organisé ou en col blanc est par nature discret mais d’une grande létalité directe et indirecte. A la différence du terrorisme, le crime organisé sait se rendre invisible et passer sous le radar de la médiasphère. Or on sait que dans la « société de l’information et de la communication », ce que la médiasphère ne perçoit pas à sa juste mesure a toutes les chances de se développer impunément.
De manière fondamentale, le crime organisé fausse le fonctionnement des systèmes politiques par le jeu de la corruption systémique et la formation de véritables bourgeoisies criminelles. Il transforme aussi le fonctionnement des marchés économiques et financiers, au profit de ses acteurs les moins honnêtes : la « main invisible » est remplacée par une « main criminelle » qui déforme toutes les règles, avec des dégâts réels sur le budget des Etats, la santé des consommateurs, l’environnement ou encore le développement économique. Le crime organisé tue, mais aussi détruit et paupérise.

Cependant, la dangerosité réelle du crime organisé est peut-être encore insoupçonnée. Le crime organisé est en effet en pleine mutation au plan mondial. Il s’hybride et converge en direction de deux univers jusque là relativement éloignés de lui : d’une part avec le terrorisme et d’autre part avec la criminalité en col blanc. On peut ainsi se demander si nous ne voyons pas apparaitre des formes inédites de « criminalité organisée en col blanc ».

Notre vigilance aux mutations du crime organisé doit être d’autant plus forte que le contexte actuel est favorable à son expansion. Six circonstances ou facteurs à dimension historique et macro économique doivent être rappelées brièvement :
-La balkanisation ou fragmentation du monde. Nous sommes passés depuis 1945 d’une quarantaine d’Etats à environ 200 aujourd’hui, dont un grand nombre sont des « États Potemkine », des États vides de puissance, fragiles et vulnérables aux forces criminelles organisées.
-La globalisation ou mondialisation.
- La marchandisation et la financiarisation généralisées. -La dérégulation dogmatique des marchés. La dérégulation est criminogène en ce sens qu’elle crée des incitations et des opportunités criminelles de grande ampleur.
-L’effet de diversion provoqué par la lutte anti-terroriste.
-Enfin, les conséquences de la crise financière, déjà évoquées précédemment.

En conclusion, dans le monde chaotique post guerre froide, le crime organisé représente un véritable défi stratégique, dépassant les juridictions des seuls organes répressifs et judiciaires, d’ampleur géopolitique et macro économique. Des succès durables contre le crime organisé en Europe ne pourront être acquis qu’à deux conditions :

-D’abord, un travail permanent à la fois de connaissance fondamentale et de pédagogie afin de sortir de l’aveuglement. On ne combat pas ce que l’on ignore, ce que l’on nie ou ce que l’on relativise. Là, le travail des universitaires et des commissions d’enquête parlementaire est fondamental afin de servir d’aiguillon tant pour les décideurs que pour les opinions publiques.

-Ensuite, une priorité donnée au renseignement. Il faut sortir des logiques de travail purement réactives, au profit de méthodologies intellectuelles et opérationnelles pro actives.
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*Jean-François Gayraud est docteur en droit (Université Paris 2 La Sorbonne), diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEP) et diplômé de l’Institut de criminologie de Paris. Ancien élève de l’Ecole Nationale Supérieure de Police (ENSP), il est commissaire divisionnaire en fonction au Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques (CSFRS). Il a publié de nombreux articles et livres traitant de criminologie et de géopolitique. Il est l’auteur entre autre de :
-Le monde des mafias. Géopolitique du crime, Odile Jacob, 2005 (traduit en italien : Divorati dalla Mafia, Geopolitica del terrorismo mafioso, Elliot Edizioni, 2010. Traduit en espagnol : El G9 de las mafias. Geopolitica del crimen organizado, Urano/Tendencias editores, 2007).
-La grande fraude, Crime, subprimes et crises financières, Odile Jacob, 2011.
-Le renseignement criminel, avec François Farcy, CNRS éditions, 2011.
-Géostratégie du crime, avec François Thual, Odile Jacob, 2012.

NB Les autorités européennes ont bien pris soin de préciser : Les propos et réflexions tenus sont propres à leur auteur, n´engagent aucunement les institutions mentionnés et ne représentent nullement une position officielle. On se disait aussi…

URL source: http://blogs.mediapart.fr/blog/virgil-brill/040413/laffaire-cahuzac-comme-diversion



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