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Créé le 1er avril 2007
 
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 Montbéliard - Deux ans de prison pour le passage à tabac d'un policier !

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MARSOUIN 26
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MessageSujet: Montbéliard - Deux ans de prison pour le passage à tabac d'un policier !   Ven 11 Jan 2013 - 11:56

Il y a quatre ans, le commandant de police Duffait avait été tabassé au centre-ville de Montbéliard.




Trois heures d’audience pour décortiquer 26 secondes… Trois heures pour tenter d’approcher la vérité. Savoir si Mohamed Ezzatri, aujourd’hui âgé de 23 ans, est bien celui qui a laissé sur le carreau Jean-Bernard Duffait, le 23 février 2009, devant la supérette Match, au centre-ville de Montbéliard. « Je n’ai rien fait », soutient le jeune homme, constant dans cette posture depuis bientôt quatre ans.

Ce soir-là, il est 19 h 12 (comme le préciseront les caméras de la ville) lorsque la situation dérape en passage à tabac. Le commandant de police est en ville. Il assiste alors à une scène où deux garçons importunent des filles, en leur demandant des cigarettes. L’officier intervient. La suite aura des conséquences définitives sur sa vie.

Un homme le contourne et le frappe. Il tombe au sol. La pluie de coups redouble pendant 26 secondes. Son visage est en sang. Son œil est descendu d’un centimètre. À la barre, l’ex-policier (aujourd’hui à la retraite) parle de son infirmité permanente. De cette impossibilité à faire certains travaux parce que son œil gauche est toujours trois millimètres plus bas et plus enfoncé dans l’orbite. Il parle de cette fin de carrière prématurée et contrainte. Et de ce quotidien, à jamais, invalidant à la suite de cette agression.

« Ce serait un mensonge que de dire que je reconnais formellement ce monsieur… », dit la victime. « C’est tout à votre honneur de témoigner en ce sens », salue le président Troilo. Alors, sur quoi repose l’accusation ?

Des témoignages. Sur lesquels, dès l’entame des débats, Me Dreyfus-Schmidt, l’avocat de la défense, ergote. Ce qui fera dire un peu plus tard au procureur Pascal : « Ce dossier me fait penser à Einstein. À sa théorie de la relativité. Tout est question de point de vue. Alors bien sûr, les témoignages sont parfois divergents. Mais ils sont concordants pour désigner M. Ezzatri. Leur imperfection est gage de sincérité ». Le prévenu conteste. « Si j’étais l’auteur, pourquoi aurais-je demandé à la juge d’instruction de visionner les images des vidéos ? », interroge-t-il. Images, au demeurant, inexploitables. Le président lui répond à sa manière : « Au début, vous avez nié être là. Puis vous y étiez et n’avez rien fait, puis vous avez donné le nom de Yacine R. Quand faut-il vous croire ? »

D’autres protagonistes ont été inquiétés puis mis hors de cause. Jean-Bernard Duffait évoque le rôle du prénommé Hugo qui, par la voix, incitait l’agresseur à frapper : « Il lui disait : vas-y, ce fils de p…, mets-lui son compte ! »

Le parquet n’a pourtant décidé de poursuivre qu’un prévenu et de requérir à son encontre trois ans de prison dont un ferme. Me Dreyfus-Schmidt bondit : « Franchement, je ne vois pas comment vous pourriez condamner mon client ! » Il se lance alors dans une interminable revue des auditions, jetant la lumière sur les incohérences quant à la couleur des vêtements, le gabarit de l’auteur. À son tour, il ouvre un contre-feu en désignant Yacine R., « un vrai méchant, lui », dit-il, avant de signaler au tribunal que le jour des faits le Yacine en question portait, lui aussi, un bonnet, le fameux signe distinctif de l’agresseur, sur lequel tous les témoins s’accordent.

« Ce Yacine a donné un alibi en disant qu’il était avec ses cousines, lesquelles n’ont pas confirmé », martèle le bâtonnier belfortain qui creuse tant et plus ce sillon en exhumant des dépositions, chaque déclaration qui pourrait faire de cet Audincourtois le coupable des violences. « J’ai plaidé une heure contre dix minutes de réquisition pour le ministère public », assène-t-il comme une estocade finale. Comme si le temps de parole devait peser dans la balance de la justice.

Le tribunal a délibéré durant une heure. Pour finalement aller au-delà des réquisitions. Mohamed Ezzatri est reconnu coupable. Il est condamné à quatre ans de prison dont deux ferme ; il a déjà purgé quatre mois dans le cadre de la détention provisoire.

Les protagonistes se retrouveront le 15 mars prochain pour l’audience sur intérêts civils. Avec de colossales sommes en jeu. Me Duvernoy, pour le compte de l’agent judiciaire de l’État, est venue solliciter une provision de quelque 77 000 €, le tout englobant les frais médicaux et de pharmacie (38 000 €) et l’allocation temporaire d’invalidité.

Me Dreyfus-Schmidt avait fait savoir, avant les débats, qu’en cas de condamnation de son client, il irait en appel. La suite se profile donc de ce côté-là.

http://www.lepays.fr/faits-divers/2013/01/11/policier-tabasse-l-heure-des-(premiers)-comptes
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sable
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MessageSujet: Re: Montbéliard - Deux ans de prison pour le passage à tabac d'un policier !   Ven 11 Jan 2013 - 20:10



L'auteur est il un individu qui fait face à toutes les imperfections de notre démocratie?
Ou bien a t'il agit car il se sent totalement exclu de représentation politique et médiatique?
Est il muet? N'a t'il trouvé que ce moyen d'expression? Se sent il le bouc émissaire de toute une société défaillante?
Est ce parce qu'il est au chômage ou qu'il a un emploi des plus pénibles et des moins rémunérés avec des horaire des plus défavorables à la vie de famille.
A t'il problèmes de déracinement et de ghettoïsation? Etait il en zone pavillonnaire à la campagne avant d'arriver en immeuble en ville?

Ou bien, est il violent parce que c'est la voie qu'il a choisie et qu'il refuse les mains tendues des différents services de la société?
A votre avis?

Il est au violon. C'est l'essentiel! Il parait que la musique adoucit les moeurs. Very Happy

Meilleure santé policier dont la carrière s'est terminée plus vite que prévue.

ps: en lecteurs attentifs du forum, vous aurez noté qu'une partie de mon post se réfère à un autre lu ailleurs sur le forum. N'oubliez pas le second degré!
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