Publié le 07 mai 2010 - 00:21 - Le Figaro.Evasion du commissariat de Dreux : le procureur tacle un syndicat ...« Un dysfonctionnement de la Justice a favorisé l'évasion », estimait le syndicat des commissaires. « Complètement faux », a répondu le procureur de la République de Chartres, en s'expliquant.Mercredi, dans un courrier adressé à Brice Hortefeux, Ministre de l'Intérieur, et médiatisé par l'AFP, Sylvie Feucher, secrétaire générale du syndicat des commissaires (SCPN), estimait qu'un dysfonctionnement de l'appareil judiciaire était à l'origine de la récente évasion du commissariat de Dreux.
« L'incurie et l'inorganisation de la Justice sont choquantes. Un dysfonctionnement a favorisé cette évasion. Car au regard de sa dangerosité, l'homme arrêté vendredi soir aurait dû être écroué immédiatement. Mais les policiers et le parquet, à Dreux et à Chartres, ne sont pas parvenus à joindre les magistrats de Versailles et de Paris qui auraient pu fournir les pièces nécessaires pour cela. Ils sont injoignables le week-end », dénonçait la syndicaliste, que nous avons contactée. « Complètement faux », a immédiatement répondu le procureur de la République de Chartres, en fournissant des explications.
Fausse identitéAlain Déjardin assure que son parquet est « complètement clair » dans cette affaire. « Le juge d'instruction de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris (JIRS) et le substitut de permanence à la cour d'appel de Versailles ont été joints, mais nous avons simplement manqué de temps. » Le procureur rapporte que l'homme interpellé et placé en garde à vue suite à la saisie de 2.000 € en liquide, mais aussi d'une quantité indéterminée héroïne, s'était présenté sous une fausse identité et que ce n'est que grâce au flair des policiers drouais qu'il a été démasqué.
« Mais les policiers n'ont compris qui il était que samedi après-midi. Le temps de contacter les magistrats, qui géraient d'autres affaires, il était trop tard. Si nous avions su qui il était le samedi matin, cet homme aurait été présenté à un juge et vraisemblablement écroué samedi. Il allait sûrement l'être dimanche. Et il était donc sous la responsabilité des policiers. Alors arrêtons d'essayer de nous mettre l'évasion sur le dos ! Ce n'est pas le procureur qui a donné les clés de la cellule à ces individus ! », a réagi Alain Déjardin.
Facteurs multiplesFinalement, il semble clair aujourd'hui que les facteurs qui ont facilité l'évasion, réalisée par un ou plusieurs hommes avec une simple échelle, sont multiples et variés. L'État, la police et la justice devront tirer les enseignements de ce cuisant échec. Car depuis, s'ils ne le méritent pas forcément, les policiers drouais essuient d'incessantes railleries, alors que les voyous, eux, rêvent de belles cavales
Caméras inefficaces Depuis l'évasion du 25 avril, on semble en apprendre toujours plus, chaque jour, sur la vétusté du commissariat de Dreux. Après le mur pas assez haut et le manque de sécurité globale, le syndicat des commissaires explique aujourd'hui que les caméras internes sont si dégradées qu'elles ne permettent plus aux policiers de surveiller à distance les personnes placées en garde à vue. « Elles sont inefficaces. Parce que le plexiglas qui protège les caméras est trop abîmé. Nous l'avons signalé, mais rien n'a été fait », indique Sylvie Feucher.
Les médecins démissionnent
Le syndicat des commissaires dévoile que « 21 médecins libéraux » auraient été contactés par le commissariat de Dreux et qu'aucun d'entre eux n'était finalement venu y pratiquer un examen médical. « Du coup, l'homme arrêté a été conduit à l'hôpital et c'est là qu'il a pu converser dans une autre langue avec ses complices, qui étaient présents à l'entrée. Je comprends néanmoins que les médecins libéraux démissionnent ainsi car la Justice met des semaines à les payer lorsqu'ils acceptent de venir », estime Sylvie Feucher.
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