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 Les Beatles, dans le vent de l'histoire

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marcel
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MessageSujet: Les Beatles, dans le vent de l'histoire   Sam 22 Aoû 2009 - 19:09

Les Beatles, quatre garçons dans le vent de l'histoire

Le Figaro avec Marc Lambron
21/08/2009 : 18:48


Les Beatles en octobre 1968. De gauche à droite : Paul McCartney, John Lennon, Ringo Starr et George Harrison. Crédits photo : AFP

Retour sur la saga des Beatles, ces quatre garçons de Liverpool qui, en un seul disque, sont devenus des stars planétaires. Et le sont restés après leur séparation, puis la mort de deux d'entre eux.

Le 8 décembre 1980, à 22 h 52, un certain Mark David Chapman logeait deux balles dans le dos et deux autres dans l'épaule de John Lennon, âgé de quarante ans et deux mois. La scène se déroulait devant le Dakota building, un immeuble de Central Park West où Roman Polanski avait situé des scènes de Rosemary's Baby. L'assassin portait sur lui quatorze heures d'enregistrements des Beatles, une bible et 2 000 dollars. Une époque ouverte le 6 juillet 1957 à Liverpool par la rencontre gémellaire Lennon-McCartney s'achevait à New York. Désormais, la saga du groupe le plus célèbre des années 1960 prenait fin. Comme le dirait George Harrison : «Les Beatles ne se reformeront pas tant que John Lennon sera mort.» Nostalgie de l'unisson perdue, tombeau pour un impossible retour.

Dans le monde, la mort de John Lennon suscita une émotion qui ne serait peut-être surpassée que par la disparition en juin 2009 de Michael Jackson. Il y avait une évidence, une gloire, et un mystère des Beatles. Comment quatre prolétaires britanniques nés sous le Blitz ont-ils pu aligner en dix ans autant de classiques de la chanson mondiale, tout en façonnant une époque qui les rendrait, selon l'affirmation imprudente de John Lennon, «plus célèbres que le Christ» ? Comment ces Fab Four, bien avant d'atteindre l'âge de 30 ans, auront-ils inventé ou cristallisé l'ère des idoles, le mythe de l'amitié adolescente, les concerts dans des stades géants, les concept-albums, la vogue des mystiques orientales, l'hédonisme sexuel, la musique pop comme nouveau mot de passe universel, et même l'usage stratégique des clips et de la télévision ?
«Le monde était un endroit plus bourgeois avant que les Beatles n'arrivent», a dit un jour Paul McCartney. C'est sans doute une clef pour une époque qui allait sacraliser les icônes et les légendes populaires. Lorsque l'on regarde les photos où les glorieux Beatles posent à côté d'Elvis Presley, de Mick Jagger ou de Liz Taylor, on dirait des personnages d'Andy Warhol sortis du tableau.

Toute une décennie se fédère autour de ce quatuor magique, qui signa la bande sonore de plusieurs révolutions. C'était la liberté des années 1960, les mandalas psychédéliques et les guitares dans le coucher de soleil, une nouvelle façon de dire «je t'aime». La touche magique de la jeunesse. Les quatre garçons dans le vent. The Silver Beatles.

Au début de cette aventure mondiale, il y a la rage de quatre adolescents un peu orphelins. John Lennon et Paul McCartney ont précocement perdu leur mère. Chez les Beatles, la part d'enfance sera toujours prédominante, et c'est peut-être là le coeur de leur musique : dans un titre comme Penny Lane, ils évoquent les figures ordinaires d'une enfance urbaine, tandis que John Lennon pleurera sa mère disparue dans des chansons telles que Julia ou Mother.

Comme chez les Rolling Stones, leurs rivaux de toujours, il y a aussi l'âpreté de très jeunes musiciens qui ont pris le risque d'avoir faim. Au long de la rivière Mersey, près des entrepôts de la Cunard Line, puis à Hambourg, dans le quartier chaud de la Reeperbahn, le groupe joue dans des caves enfumées au milieu de marins ivres et de prostituées.

Le nom «The Beatles» est un jeu de mots entre «the beetles», les scarabées, et«the beat», le rythme. Il ne faut jamais oublier que les gentils Beatles ont d'abord sonné comme des teignes rock'n roll, des chats sauvages. Le succès ne va pas tarder. Encadrés par leur agent, Brian Epstein, un avisé disquaire de Liverpool, les voici sous contrat en 1962 avec la firme Parlophone. Le premier 45 tours, avec Love Me Do, inaugure une farandole de succès, dont I Want to Hold your Hand et All My Loving. Le succès des Beatles n'est pas seulement cosmétique, avec cette coupe de cheveux que l'on dit inspirée de celle de Jean-Claude Brialy dansLes Cousins. Il est celui de compilateurs spontanés, mélangeant très vite les arpèges du rock brut avec des harmonies vocales qui évoquent parfois la musique chorale de la Renaissance anglaise, en y ajoutant l'esprit un peu sucré des concerts radiophoniques à l'heure du thé. Un charme, un allant, une séduction qui font crier les filles. On créera un mot pour le phénomène, la «Beatlemania».

Miracle de l'époque: la fraîcheur de ces garçons blagueurs, sautillants, insolents, gentils, mignons à croquer, est démultipliée par la naissance de l'ère médiatique. Un passage américain à l'«Ed Sullivan Show» leur donne 73 millions de téléspectateurs. Deux films de Richard Lester, Hard Day's Night et Help, façonnent pour le public quatre profils contrastés. Il y a John, le cockney railleur aux traits surréalistes. Paul, le craquant mélodiste au regard de biche. George, le guitariste appliqué qui a peur de la lumière. Ringo, le batteur qui aime les grosses bagues et les grosses blagues. Ils deviendront même en 1967, avec Yellow Submarine, les personnages d'un dessin animé produit par eux-mêmes.

Tel est sans doute le secret des Beatles, distingués dès 1965 par l'ordre de l'Empire britannique : autant qu'une usine vivante pour hit-parades, ils représentent un mythe d'unité parfaite qu'aucun des quatre ne saurait incarner seul. Les Beatles donnent des chaussures de géant à tous les adolescents solitaires. Ils composent des classiques en temps réel. Ils ont le génie des différences et de l'écoute mutuelle. Quatre possibilités, une identité, ces gamins enivrés auront probablement plus fait pour l'idée d'égalité que bien des leaders politiques. Le médium est le message, martèlera le sociologue Marshall McLuhan à cette époque.

Mais les Beatles savent mettre du sens dans les tuyaux. L'air du temps les porte autant qu'ils l'anticipent. La pilule contraceptive, les robes de Courrèges et de Mary Quant, le vent libertaire qui souffle sur le «Swinging London», et bientôt sur la jeunesse de la planète, en font les compagnons d'une joyeuse libération. Tout est possible. Jusqu'à s'offrir le luxe de la nostalgie soyeuse avec un bijou comme Yesterday quand on n'a pas encore 25 ans.

Les idoles pop explosent toutes leurs limites

C'est alors que ces idoles pop vont exploser toutes leurs limites. A partir de 1966, les tournées cessent. Encadrés par le producteur George Martin, souvent défini comme le«cinquième Beatle», les enfants du rythme deviennent des explorateurs de sons, des Indiana Jones de studio. On ajoute aux guitares des arrangements de sitar, de clavecin, de quatuor à cordes. Sous l'influence de Bob Dylan, les textes se raffinent.

Après les albums Rubber Soul et Revolver, c'est en juin 1967 la parution de Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club Band, un Ovni musical stupéfiant. Serait-il possible de mélanger le rock de Chuck Berry, les harmoniums d'église, les discordances de Stockhausen, les comédies musicales de Drury Lane, le «nonsense» de Lewis Carroll, en y ajoutant une touche d'hindouisme et quelques capsules de LSD ? L'album sera regardé comme un chef-d'oeuvre dans les heures suivant sa sortie. Sur cette lancée, les Beatles enregistrent un album doublé d'un film télévisé, Magical Mystery Tour, et font réaliser plusieurs clips musicaux, dont I'm the Walrus et Strawberry Fields Forever, où l'on pourrait croire que René Magritte rencontre Elvis Presley. George Harrison commentera plus tard : «Je suppose que, d'une certaine façon, nous avons inventé MTV». Ce sommet de créativité marque aussi le début de la désagrégation du groupe.

L'homme qui cimentait le groupe en coulisse, Brian Epstein, meurt soudainement en août 1967. Les Beatles peuvent bien se ressourcer auprès d'un yogi en Inde, la sédition travaille déjà le quatuor. Les comptes de leur maison de disques Apple sont plombés par un homme d'affaires peu scrupuleux, Allen Klein. La nouvelle compagne de John Lennon, l'artiste japonaise Yoko Ono, semble vouloir attirer le musicien vers des chemins d'avant-garde plus adaptés à son tempérament subversif.

Lorsque les Beatles enregistrent un autre chef-d'oeuvre, le «double album blanc», ainsi intitulé à cause de sa couverture immaculée, c'est souvent en utilisant séparément le studio d'enregistrement. Désormais, chaque Beatle a envie de faire sa propre musique. Comment se réconcilier ? Faut-il repartir en tournée ? Retrouver la ferveur rock'n roll des débuts ? Ou bien repousser encore les limites de la création en studio ?

Les deux derniers albums des Beatles ne trancheront pas la question. Abbey Road est un testament musical somptueusement unifié par la volonté de Paul McCartney, qui a désormais tendance à se prendre pour le leader naturel du groupe. Mais Let it be témoigne de leur difficulté à se fédérer autour d'une musique plus nue, plus simple, plus scénique.

Le crépuscule survient alors que ces êtres de légende n'ont pas encore 30 ans. Le 10 avril 1970, un communiqué laconique annonce la dissolution du groupe. La rupture fige les Beatles dans une éternelle jeunesse. Aussitôt, Paul McCartney publie son premier album solo. Les années 60 s'achèvent. Et, comme le chanterait plus tard John Lennon, le rêve était fini. Cette fin avait un parfum de vie ordinaire : un groupe post-adolescent galvanisé par le succès se brise sur les écueils de la maturité, des mariages, de l'ego.

Peut-être le mystère des Beatles était-il celui d'une banalité génialement explorée. Le temps qui suivit la séparation du groupe ressemblerait à une fusée explosant en plusieurs traînées. George Harrison, le plus discret, allait déverser sa frustration de compositeur dans un magnifique triple album, All things must pass, avec le fameux My sweet Lord, un hymne à toutes les divinités, de Jésus à Krishna.

Jusqu'en 1980, la rivalité Lennon-McCartney ne cessa pas

Puis l'homme se dispersa. Disques paresseux, tournées avortées, il préférait produire les films des Monty Python, fréquenter les stands de la Formule 1, vivre tranquillement loin de la foule déchaînée. Sa disparition en novembre 2001 fut comme la seconde mort des Beatles. Ringo Starr, quant à lui, enregistra quelques albums inégaux avant de se livrer à ses pires penchants monégasques en faisant la bombe au bras de sa nouvelle épouse, l'ex-James Bond girl Barbara Bach. Cet ancien pochard doré, aujourd'hui sevré, remonte sur scène par intermittence, affichant toujours cette façon de ne pas se prendre au sérieux qui en fait une légende adorable.

Jusqu'en 1980, la rivalité Lennon-McCartney ne cessa pas. C'était à qui reprendrait le sceptre des Beatles. John Lennon, installé à New York, devenait un militant de la paix, une nouvelle icône du chic gauchiste, ferraillant par chansons interposées avec son ancien ami. Il y eut des hymnes mondiaux comme Imagine, et d'autres titres plus oubliables. Au moment de sa mort, Lennon venait d'enregistrer un nouvel album en forme de résurrection, Double Fantasy, qui fut son requiem. Privé de son double, Paul McCartney resterait le seul à porter inlassablement la flamme des Fab Four, alternant albums en solo et disques avec son groupe Wings. Par la longévité, la constance, la créativité, il est celui qui a tenté de faire vivre la légende au-delà d'ellemême : John le fantôme, Paul le charmeur, Ringo le touriste, George l'introverti.

Ces dernières années, la mort de sa femme Linda puis ses démêlés conjugaux avec la perfide Heather Mills ont alimenté les tabloïds. Anobli, sir Paul a désormais dépassé cet âge de 64 ans qui lui semblait irréel quand il chantait When I'm Sixty-Four. Après les guitares électriques, la génération des baby-boomers approche de l'âge des fonds de pension. Les quatre garçons dans le vent sont devenus des garçons dans le temps.
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MessageSujet: Re: Les Beatles, dans le vent de l'histoire   Sam 22 Aoû 2009 - 19:14

L'intégrale des Beatles en CD enfin remasterisée


Par Nicolas Ungemuth
21/08/2009 : 17:26



Les Beatles en studio, en octobre 1963. Crédits photo : AP

En septembre, l'intégrale des Beatles sera enfin disponible en version remasterisée. Ces chefs-d'oeuvre retrouvent enfin l'éclat qu'ils n'auraient jamais dû perdre.


Certains attendaient cela depuis plus de vingt ans. Le 9 septembre prochain, tous les albums des Beatles ressortiront en version enfin remastérisée. Pour beaucoup, c'est l'équivalent musical de la rénovation de la chapelle Sixtine. Et il y a fort à parier que, dans une industrie du disque en pleine déliquescence, le déluge marketing beatlesien qui déferlera à la rentrée marquera le dernier coup d'éclat du CD, un format voué à disparaître, apparu, à l'origine, dans des conditions lamentables...

En 1987, Apple Corp. sort le catalogue Beatles en CD pour la première fois. A l'époque, les maisons de disques se goinfrent copieusement : les nouveautés se vendent par centaines de milliers, et tout le monde se rue sur le «fonds» dans un même désir de renouveller sa discothèque et de posséder enfin cette technologie vendue comme merveilleuse...

Mais les majors ont décidé de ne pas se fouler outre mesure : il s'agit de tout rééditer dans de très médiocres versions, afin de pouvoir revendre les mêmes albums plusieurs fois en sortant régulièrement des produits améliorés : versions «de luxe», «anniversaire», «collector», «ultimate» avec ou sans «bonus» plus ou moins inédits, etc., le fin du fin étant la version «remastérisée». Inutile, donc, de vouloir trop se presser : le public, naïf, achète ce qu'on lui vend, et saura bien s'en contenter.

En conséquence de quoi, les CD sortis durant les années 80 sont un cauchemar d'audiophile. Sans relief ni dynamique, ces petites rondelles argentées prétendument miraculeuses sonnent en fait nettement moins bien que les vinyles ancestraux.

Les années passant, face à la grogne du public, tous les grands artistes ont vu leur catalogue remastérisé, nettoyé, transféré en CD dans des versions somptueuses. Rolling Stones, Bob Dylan, Led Zeppelin, Who, etc., les géants du rock ont enfin connu le traitement qu'ils méritaient... à l'exception des Beatles. Pour des raisons toujours complexes - incluant les rapports délicats entre Paul McCartney et Yoko Ono -, la maison Apple Corp. n'a jamais rien fait comme les autres. Durant vingt-deux ans, les amateurs du groupe n'ont donc pu se procurer que les lamentables versions CD des années 80 à un prix prohibitif (on ne fait jamais de promotion chez Apple, et on est toujours plus cher que les autres). Jusqu'à ce qu'on annonce en fanfare, il y a trois ans, la réédition de toute l'oeuvre du groupe, hélas reportée d'année en année.

Quatre ans durant, une escouade de techniciens triés sur le volet a travaillé aux studios Abbey Road à la restauration de ces albums. Pour ce faire, il a fallu allier la technologie la plus moderne au matériel le plus vintage. Le but étant de ne jamais trahir l'oeuvre originelle en succombant à la tentation de l'étalonner aux standards actuels. En d'autres termes, tout le monde est d'accord pour mieux entendre la basse serpentine de McCartney, mais il n'est pas question de faire sonner ces vestiges sixties comme des disques de Radiohead. D'ailleurs, les géniales trouvailles sonores de sir George Martin - ingénieur du son fascinant qui mettait en musique les idées souvent abstraites de Lennon et McCartney - n'ont aucunement besoin d'être reliftées : il suffit d'écouter Revolver ou Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band en version nettoyée pour réaliser à quel point la musique du groupe était en avance sur son temps.

Cette salve de rééditions * - tous les albums ainsi que les compilations bleues et rouges - immaculées devrait d'ailleurs complexer un paquet d'apprentis rockeurs, abasourdis devant le talent manifeste de ces pionniers inégalés. Ils sont peu à pouvoir suivre pareilles fulgurances...
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