
Créé le 1er avril 2007 |
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marcel 4 étoiles


Nombre de messages: 5187 Age: 60 Localisation: sud Date d'inscription: 24/11/2007
 | Sujet: l'appel du 18 juin 1940 Jeu 18 Juin - 20:18 | |
| Le texte de l'Appel du 18 juin 1940Discours du Général de Gaulle prononcé à la radio de Londres le 18 juin 1940. Cet appel n'a pas été enregistré.« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. » --------- la photo la plus souvent reproduite de l'appel, mais qui ne comporte pas exactement le texte original de cet appel ...  _________________ Marcel "who dares wins"
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Nombre de messages: 5187 Age: 60 Localisation: sud Date d'inscription: 24/11/2007
 | Sujet: Re: l'appel du 18 juin 1940 Jeu 18 Juin - 20:21 | |
| Les oreilles du 18 juin Éric BRANCA Les oreilles du 18 juin, Espoir n°71, 1990 Auditeurs se souvenant de ce qu'ils n'ont pas entendu ; lecteurs oublieux d'avoir vu dans la presse l'appel du 18 juin ; ou Résistants partant à Londres avant que de Gaulle n'eût parlé ; la réception chaotique des mots historiques ajoute à la magie de l'acte. On sait, depuis le magistral essai d'Anne et Pierre Rouanet (L'inquiétude outre-mort du général de Gaulle, Grasset, 1985) que, dès le 21 mai 1940, l'appel du 18 juin était écrit dans l'esprit du général de Gaulle. Un document le prouve : l'intervention radiophonique du futur chef de la France Libre, interrogé ce jour-là par un reporter des actualités françaises qui le rencontre à son PC de Savigny-sur-Ardres, après la bataille victorieuse qu'il vient de remporter à la tête de ses chars, dans la région de Montcornet. Diffusée le 2 juin suivant dans l'indifférence hébétée de l'exode, l'interview est une répétition de l'appel historique lancé deux semaines plus tard à la BBC. " L'ennemi a remporté sur nous un avantage initial... Ses succès du début lui viennent de ses divisions blindées et de son aviation de bombardement " dit I' " appel " du 21 mai. " Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer " répétera de Gaulle vingt-huit jours plus tard à la BBC. Et encore : " Nos succès de demain et notre victoire, oui, notre victoire, nous viendront, un jour, de nos divisions blindées et de notre aviation d'attaque " (21 mai) ; " Les mêmes moyens qui nous ont vaincu peuvent faire venir la victoire " (18 juin). Prescience du caractère bientôt universel de la guerre, et foi implicite dans la capacité de la France à retrouver son rang pourvu qu'un gouvernement tirant sa légitimité de la continuation de la lutte la représente au jour de la victoire, le texte du colonel de Gaulle est donc connu de certains Français un mois avant celui du Général ! Mieux : l'appel historique fut sans doute moins entendu que celui du 21 mai, diffusé par l'ensemble des quelque cinq millions de récepteurs radio existant en France, au contraire du texte du 18 juin, capté par les rares auditeurs de la BBC ! Mais ce qu'on sait encore moins, c'est qu'à côté des milliers de témoins qui prétendirent à tort avoir entendu le discours du 18 juin (beaucoup le confondant avec les appels à la résistance lancés les 19, 22 et 24 juin suivants par le Général, à l'intention des proconsuls de l'Empire ou, plus souvent encore, se souvenant de la fameuse affiche placardée à Londres " La France a perdu une bataille, elle n'a pas perdu la guerre ", des dizaines de milliers de Français en eurent connaissance... par la presse. Dès le 19 juin, de nombreux quotidiens régionaux paraissant en zone non occupée y font curieusement allusion. C'est le cas, par exemple, du Petit Provençal (115 000 exemplaires tirés ce jour-là) qui reproduit, en première page, l'appel lancé la veille par le général de Gaulle - orthographié " de Gaule " (sic). Le texte, pris vraisemblablement en sténo, est d'une fidélité presqu'absolue à l'original (jamais enregistré, comme on sait). Tout au plus y relève-t-on un oubli, qui pourrait ne pas être innocent : aux deux premières phrases de l'appel (" les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat ") est substituée celle-ci, moins blessante pour le gouvernement Pétain : " Le gouvernement français a demandé à l'ennemi à quelle condition il pourrait cesser le combat... " Même recension dans Marseille-Matin qui, en page 3, publie les extraits les plus significatifs de l'appel. Tout comme, le même jour, Le Petit-Marseillais. Le Progrès de Lyon donne, lui, cette dépêche en deuxième page : " Londres, 18 juin. Le général de Gaulle, auteur de nombreuses études sur le rôle des chars d'assaut, a prononcé ce soir une allocution à la radio de Londres. " La France n'a pas peur ", a-t-il dit. " Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui continue la lutte. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale... Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique de l'Allemagne, nous pourrons vaincre par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là... " II a conclu : " Quoiqu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas... " Demain, le général de Gaulle parlera de Londres. " A l'inverse de ceux qui l'entendirent sans l'écouter, des hommes, plus nombreux qu'on ne croit, gagnèrent Londres avant même que de Gaulle eût pris la parole. Ce fut le cas de Christian Fouchet, élève officier à l'école d'aviation de Bordeaux-Mérignac, qui, le 17 juin, prend l'air en compagnie de huit condisciples, d'un officier et d'une vingtaine de ses camarades tchèques ; du capitaine Pierre de Chevigné qui, blessé, rejoint l'Angleterre depuis Dax où il est en convalescence ; de Claude Hettier de Boislambert qui, le 17 juin également, quitte Brest en compagnie d'une trentaine d'aspirants et d'agents de liaison après avoir menacé un amiral de son arme ; de Gaston Palewski qui ne parviendra à Londres qu'au mois de juillet mais qui, dès le 16 juin, a écrit à de Gaulle: "Je dois partir avec mes avions en Afrique du Nord... Mais je suis sûr que vous ferez quelque chose. Vous pouvez compter sur moi. Je vous rejoindrai dès que je le pourrai... " Que cela ne veuille pas dire que l'appel du 18 juin soit passé totalement inaperçu à l'instant même de sa diffusion. Des personnalités de premier plan se souviennent sans erreur possible de l'avoir entendu : Pierre Mendès-France qui se trouve alors à Bordeaux, André Philip à Cognac, Maurice Schumann à Niort, par exemple. D'autres sont touchés à l'autre bout de la terre : René Thibault à Tokyo, qui capte le message retransmis depuis Saïgon, le gouverneur Félix Eboué en Afrique équatoriale française, ou la garnison française d'EI Kantara. Et combien d'autres encore, connus ou inconnus, tels les cent trente trois marins de l'Ile de Sein ralliés entre le 24 et le 26 juin, ou les dizaines de jeunes gens quittant clandestinement Saint-Jean-de Luz, Brest ou Saint-Malo, sur des bateaux de pêche ou de simples barques dont beaucoup n'arriveront jamais... Mais l'essentiel est ailleurs, qui nous fait appréhender sans doute l'essence du génie politique. Ce qui frappe dans la réception par les Français de l'appel du 18 juin, ce n'est pas l'aspect relativement confidentiel de sa diffusion : c'est que la frange de la population effectivement touchée n'y ait pas d'emblée prêté attention. Diamétralement opposé à l'état d'esprit dominant d'un peuple prostré dans la défaite, l'appel prend sa valeur de mythe par son extériorité même aux déterminismes psychologiques du moment. Et par son art de deviner le monde, de Gaulle fonde sa légitimité politique par un acte de pédagogue : ce que les Français, hypnotisés par " le vide immense du renoncement général " ne veulent ou ne peuvent encore discerner (" des forces immenses dans l'univers, n'ont pas encore donné "), il le leur montre seul : " Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause ". Quitte à ne compter, pour s'imposer, que sur les seules clartés de l'évidence. in Espoir n°71, juin 1990 _________________ Marcel "who dares wins"
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Nombre de messages: 5187 Age: 60 Localisation: sud Date d'inscription: 24/11/2007
 | Sujet: Re: l'appel du 18 juin 1940 Jeu 18 Juin - 20:22 | |
| La radiodiffusion en 1939 / 1940 Jean-Paul CLAUDEL Le parc des récepteurs de radio au début de la GuerreLa France compte à l'époque 41 millions d'habitants qui se partagent 5 millions de postes récepteurs TSF contre seulement 1,9 millions en 1935. L'impulsion de Georges Mandel a donc été décisive. D'après les recettes de la redevance radio déjà due alors, on peut raisonnablement tabler sur 6 millions de postes dont la répartition sur le territoire est à l'image des inégalités des niveaux de vie. La région parisienne compte plus du quart des TSF suivie par le Nord (400000), la Seine Inférieure, l'Est et la Gironde. Le Centre et le Midi en comptaient beaucoup moins. La Lozère en comptait 3000 en 1939. Techniquement, les postes récepteurs sont arrivés à maturité. Construits sur le principe du superhétérodyne de Lucien Lévy (fondateur de Radio L.L.) toujours utilisé mondialement de nos jours, la sensibilité est en très élevée et une bonne réception s'accorde d'une antenne de quelques décimètres. On est loin alors des nappes d'antennes de plusieurs dizaines de mètres de long des années 1920. Branchés sur le secteur, on a oublié le calvaire des batteries à recharger ou qui fuyaient sur le tapis du salon. L'oeil magique habille la façade et tel un vers luisant distille dans la pénombre sa magique luminescence verte. Tout d'abord limités à la réception des grandes ondes, avec la capacité croissante des lampes de radio à "monter en fréquence", les récepteurs offrent plusieurs gammes d'ondes : GO, PO, OC. Sur ondes longues (GO), peu de postes de radiodiffusion sont reçus en 1939 : Luxembourg, Londres (BBC). Les postes de radiodiffusion en ondes moyennes sont beaucoup plus nombreux et leur écoute est magnifiée pendant la nuit suite aux phénomènes des couches ionosphériques. LONDRES, LA BBC ET LA PROPAGANDE DE GUERREEn grandes ondes (GO), placée en plein centre du cadran à aiguille rectangulaire ou rond, la BBC émet sur 1500 mètres de longueur d'onde. En petites ondes (PO ou OM), la BBC émet sur 265 mètres de longueur d'onde en national puis, avec la montée de la guerre, en international à destination des pays européens. La BBC commença ses émissions quotidiennes en 1932 tout d'abord vers l'Australie puis, la tension internationale montant, vers l'Europe, 24 heures par jour, et ce jusqu'à 51 bulletins d'information par jour en 16 langues différentes, chaque bulletin étant différent car adapté au pays ciblé. Tout d'abord réservés et uniquement informatifs, les bulletins d'information de la BBC deviennent plus agressifs au fur et à mesure des agressions hitlériennes par la propagande de Goebbels. LE CONTEXTE POLITIQUE DE LA RADIODIFFUSION FRANCAISE EN 1939A l'approche de la guerre et instruit par l'expérience allemande fort en avance, Daladier a radicalement transformé l'organisation et le régime même des stations qui constituaient le secteur public et privé de la radio afin d'avoir la main mise sur l'ensemble. Depuis février 1939, toute émission autre que technique ou culturelle, en fait toute l'information au sens large, relève d'un organisme appelé Centre Permanent de l'Information Générale. Il est placé sous l'autorité du Président du Conseil et est dirigé alors par Emile Lohner. Installé Rue François Premier, ce centre pilote toutes les émissions en langues étrangères sur Ondes Moyennes. Daladier acheva de donner à la radiodiffusion son statut de guerre, statut qui fut repris à la fin de la guerre et appliqué à la télévision. Daladier créa une administration unifiée de la Radiodiffusion nationale. Un commissariat général à l'information fut créé et confié à l'écrivain Jean Giraudoux qui est chargé d'organiser, d'animer et de coordonner tous les services d'information et de propagande français. Neuve, cette radiodiffusion de guerre doit être rodée au fil des événements. Elle n'a pas l'expérience de la BBC ou la virulence de la Radio allemande. LA PROPAGANDE FRANCAISELes programmes de propagande nazis sont déjà connus en France par l'action de Paul Ferdonnet, et la France n'a pas encore pensé à l'utilisation de la radio comme moyen de contre propagande. Marcel Bleustein Blanchet réagit et demande au Président Edouard Daladier de mettre sur pied une grille de programmes dans laquelle serait incorporée une contre propagande menée par Jean Giraudoux à partir du 29 juillet 1939. Ce nouveau haut commissaire à l'information n'est pas du style le plus efficace pour contrer la virulence de Berlin. Le 23 mars 1940, Jean Giraudoux est remplacé par Frossard qui nomme Jean Guignebert à l'anti propagande. La guerre des ondes commence mais il est trop tard. Le 6 juin 1940, le gouvernement décide le repli vers Briare et c'est la débâcle avec l'armistice annoncée au micro de RADIO BORDEAUX le 16 juin 1940 par le Général Pétain. A cette époque, les TSF sont branchées en permanence et les auditeurs sont nombreux, même ceux sur les routes, qui peuvent prendre connaissance de l'appel du Général de Gaulle. Nombreux sont les hommes et les femmes qui dans l'angoisse des nouvelles tournent les boutons de leur récepteur à l'écoute de toute source: Radio Paris, Londres, Luxembourg. Les 7 millions de réfugiés sur les routes s'arrêtent pour écouter la radio aux haltes de midi et du soir. Et ce ne sont que nouvelles de l'agonie nationale. L'APPEL DU 18 JUIN 1940Le Général de Gaulle a quitté la France le 17 juin à bord d'un appareil britannique pour Londres en compagnie du Général Spears et du Lieutenant Geoffroy de Courcel. Dés le lendemain, il lance son appel "à tous les officiers ou soldats français", appel enregistré et repassé plusieurs fois par la suite. Un homme de radio averti comme André Gillois annonce une grande audience de cette première intervention car des millions de gens suivaient assidûment les bulletins en langue française venant de la BBC et de la Radiodiffusion française. Dés le lendemain, les journaux publièrent les termes de l'appel. Le 19, puis le 22 juin, de Gaulle devait s'adresser de nouveau aux auditeurs français de la BBC. Commence alors l'épopée de la France Libre. _________________ Marcel "who dares wins"
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Nombre de messages: 5187 Age: 60 Localisation: sud Date d'inscription: 24/11/2007
 | Sujet: Re: l'appel du 18 juin 1940 Jeu 18 Juin - 20:26 | |
| L'Appel du 22 juin 1940L'Appel du 18 juin 1940 n'a pas été enregistré, contrairement à celui du 22 juin 1940 :TEXTE DE L'APPEL du 22 JUIN 1940Le gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît, maintenant, les conditions dictées par l'ennemi. Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l'air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne et de l'Italie. On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une capitulation mais encore un asservissement. Or, beaucoup de Français n'acceptent pas la capitulation ni la servitude pour des raisons qui s'appellent l'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la partie. Je dis l'honneur, car la France s'est engagée à ne déposer les armes que d'accord avec ses alliés. Tant que ses alliés continuent la guerre, son gouvernement n'a pas le droit de se rendre à l'ennemi. Le gouvernement polonais, le gouvernement norvégien, le gouvernement hollandais, le gouvernement belge, le gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir. Je dis le bon sens, car il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui, nous avons subi une grande défaite. Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l'esprit d'abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait perdre la bataille de France. Mais il nous reste un vaste empire, une flotte intacte, beaucoup d'or. Il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses, et qui dominent les mers. Il nous reste les gigantesques possibilités de l'industrie américaine. Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par cinq mille avions et six mille chars peuvent nous donner, demain, la victoire par vingt mille chars et vingt mille avions. Je dis l'intérêt supérieur de la patrie car cette guerre n'est pas une guerre franco-allemande, qu'une bataille puisse décider. Cette guerre est une guerre mondiale. Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres, aujourd'hui, le resteront demain. Même les alliés de l'Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ? Si les forces de la liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d'une France qui se serait soumise à l'ennemi ? L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la partie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront. Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible. Tout ce qui peut être réuni en fait d'éléments militaires français et de capacité française de production d'armement doit être organisé partout où il y en a. Moi, général De Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale. J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi. J'invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre. Vive la France libre dans l'honneur et dans l'indépendance ! _________________ Marcel "who dares wins"
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Nombre de messages: 5187 Age: 60 Localisation: sud Date d'inscription: 24/11/2007
 | Sujet: Re: l'appel du 18 juin 1940 Jeu 18 Juin - 20:29 | |
| L'affiche de Londres Affiche ayant suivi l'Appel du 18 juin 1940
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Longtemps, cette affiche a été confondue avec le texte de l'Appel du 18 juin. Il existe trois tirages différents de l'affiche de Londres. Voici les points communs des affiches des divers modèles :
- Liseré tricolore encadrant l'affiche
- 2 drapeaux croisés
- Le texte :
» "A TOUS LES FRANÇAIS" (caractères majuscules et gras) » "La France...n'a pas perdu la guerre !" (caractères italiques) "Des gouvernants de rencontre... Luttons tous pour la sauver !" (caractères minuscules) » "VIVE LA FRANCE !" (caractères majuscules et gras)
- Signature manuscrite (en bas à droite : "Charles de Gaulle")
- Plus bas, en caractères d'imprimerie : "GÉNÉRAL DE GAULLE"
Le premier tirage de l'affiche "L'Appel aux armes" est dû à un modeste imprimeur artisan, Achille Olivier FALLEK, résidant au 24 Seawell Road. Celui-ci se souvient avoir reçu le général de Gaulle un soir de juin 1940, "les deux coudes appuyés sur le marbre, il a relu son texte avec une extraordinaire attention. Il a demandé qu'on force un peu les caractères du titre. Il avait l'air si grave et en même temps si calme..." Tirée a 1 000 exemplaires, l'affiche a été placardée à partir du 3 août 1940 ; l'affichage est signalé dans le Times du 5 août. Le deuxième tirage est dû à l'imprimeur J. Weiner Ldt - London WC1. Tirée à 10 000 exemplaires, elle comporte exactement les mêmes caractéristiques typographiques que la première affiche de Fallek :
- le "d" de servitude est remplacé par un "p" renversé
- le "d" de servitude est décalé en hauteur
- le "e" de péril ne comporte pas d'accent
- l'encadrement tricolore est de type anglais - bleu à l'extérieur, rouge à l'intérieur Un exemplaire de cette affiche a été adjugé à Drouot 112 649 F le 18 juin 1986.
Le troisième tirage de l'affiche porte : "Imprimé en Grande-Bretagne par Harrison & Sons LDT". Les formats de ces trois tirages se situent entre 750 à 790 x 497 à 518. La traduction en anglais en bas à gauche figure sur les trois exemplaires. Il existe de nombreuses autres versions (tirages en Afrique, en Amérique du Sud, en France), mais elles ne doivent pas être confondues avec l'original, notamment celle qui comporte le texte en français seul et en bas à gauche la date 18 juin 1940 qui fut imprimée à partir de septembre 1944. Le tirage anglais du bureau des FFI à Londres a les couleurs anglaises (bleu extérieur, rouge intérieur); le tirage français a le rouge extérieur et le bleu intérieur. Rédigé par Catherine Trouiller _________________ Marcel "who dares wins"
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|  | | LEGARDIAN30 3 étoiles


Nombre de messages: 1018 Localisation: Au Sud ou il fait bon Date d'inscription: 03/11/2008
 | Sujet: Re: l'appel du 18 juin 1940 Jeu 18 Juin - 20:49 | |
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|  | | SIPM 3 étoiles


Nombre de messages: 1041 Age: 54 Localisation: entre Rhône et Saône Emploi: ex gend / syndicaliste FPIP/SIPM Date d'inscription: 18/11/2008
 | Sujet: Re: l'appel du 18 juin 1940 Ven 19 Juin - 8:21 | |
| cette année c'est la crise.........même saint Nicolas semble avoir oublié cette date.....déplorable :evil: |
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